Durabilité · Sinistres

Le sinistre : un parcours qui se gagne dans les 48 premières heures

Sécuriser, documenter, déclarer à la BONNE porte (accidentel → MRH, construction → DO) : les procédures par famille de sinistre, l'expertise préparée et la vitesse — l'alliée du bois qui sèche bien.

5 jours
Le délai courant de déclaration
2 circuits
MRH ou DO — le tri qui fait les mois
48 h
Où l'indemnisation se joue

Le sinistre est le moment où l'assurance cesse d'être une ligne de budget pour devenir un parcours — avec ses délais, ses experts, ses pièces à fournir et ses pièges de déclaration. Dégât des eaux, tempête, incendie, fissures : chaque famille de sinistre a sa procédure, ses réflexes des premières 48 heures et ses spécificités maison bois (peu nombreuses, mais utiles à connaître). Le mode d'emploi du jour où ça arrive — en complément du mode d'emploi des garanties — au sein du guide durabilité.

Sinistre par sinistre : la procédure et les délais

Les sinistres de la maison : qui, quoi, quand (2026)
SinistreDéclaration sous...La procédure spécifique
Dégât des eaux5 jours ouvrésConstat amiable DDE si tiers impliqué ; STOPPER l'eau d'abord
Tempête / grêle / neige5 jours ouvrésGarantie tempête de la MRH ; photos AVANT bâchage d'urgence
Catastrophe naturelle (inondation, sécheresse RGA)30 jours après l'arrêté CatNatL'arrêté au JO déclenche tout — la franchise légale s'applique
Incendie5 jours ouvrésPompiers, puis assureur ; ne RIEN déblayer avant l'expert
Vol / vandalisme2 jours ouvrésDépôt de plainte D'ABORD (le récépissé conditionne)
Désordre de construction (< 10 ans)5 jours (DO)La dommages-ouvrage, PAS la MRH : le circuit dédié
Le tri fondamental : le sinistre ACCIDENTEL (MRH) et le désordre de CONSTRUCTION (DO/décennale) suivent deux circuits différents — se tromper de porte coûte des mois.

Les premières 48 heures : les réflexes qui font l'indemnisation

Tout se joue tôt. Sécuriser et limiter d'abord — c'est même une obligation contractuelle : couper l'eau ou l'électricité, bâcher la toiture ouverte (les mesures conservatoires sont à VOTRE charge et remboursables : gardez les factures du couvreur d'urgence) — mais ne RÉPARER rien de définitif avant l'accord : l'expert doit voir. Documenter ensuite, le réflexe roi : photos et vidéos datées de TOUT (les dégâts, les biens touchés, les causes visibles), l'inventaire des pertes commencé à chaud (le canapé, l'électroménager : avec factures si possible — le dossier maison tenu depuis la construction rend ici ses intérêts), et les témoignages notés (le voisin qui a vu la tuile partir). Déclarer dans les formes enfin : les délais du tableau, par lettre recommandée ou espace client AVEC accusé — le téléphone prépare, l'écrit déclare. Et la nuance des sinistres sériels (la tempête qui frappe tout le quartier) : déclarez VITE — les experts débordés traitent dans l'ordre d'arrivée, et les entreprises sérieuses aussi.

Le conseil de l'expert

La question à poser AVANT de toucher quoi que ce soit : « accidentel ou construction ? » La fissure qui s'ouvre, l'infiltration récurrente, le plancher qui s'affaisse dans une maison de moins de 10 ans relèvent de la DO/décennale (le circuit construction : 5 jours, expertise dédiée, préfinancement) — pas de la MRH qui vous répondra légitimement « non garanti ». Le même désordre déclaré à la bonne porte s'indemnise en 90 jours ; à la mauvaise, il s'enlise un an. Le tri des deux circuits est le premier geste du sinistré efficace.

L'expertise : le moment qui fixe tout

L'expert d'assurance chiffre le dommage et sa cause — préparez sa visite comme un rendez-vous décisif : le dossier prêt (photos datées, inventaire chiffré, factures, et pour les maisons bois : les documents de construction — le DTU respecté et documenté coupe court aux tentations de « défaut d'entretien »), l'accompagnement (soyez présent, faites préciser ce qui est retenu/écarté, et notez), et le droit à la contre-expertise : en désaccord sur le chiffrage, votre propre expert (dit « d'assuré » — 500-1 500 €, souvent couverts partiellement par le contrat) rééquilibre le rapport de force ; au-delà, la tierce expertise arbitre. Les spécificités bois, à leur juste place : les sinistres HUMIDITÉ demandent un expert qui connaît la construction bois (le séchage d'une paroi ossature se pilote — déshumidification, ouverture ciblée, contrôle hygrométrique — là où le réflexe « tout arracher » du maçonné sur-traite : demandez si besoin un sapiteur bois), et le séchage rapide est l'allié structurel (le bois mouillé PONCTUELLEMENT et séché vite ne garde pas de séquelle — la vitesse de réaction vaut de l'indemnisation). Après l'accord : l'indemnité (vétusté déduite, puis récupérable sur factures en valeur à neuf selon contrat) et VOS artisans — l'assureur propose, il n'impose pas.

Erreur fréquente

Le sinistre minimisé « pour ne pas faire monter la prime » : le dégât des eaux épongé sans déclaration qui ressurgit en moisissures 18 mois plus tard — devenues indéclarables (tardives) ET aggravées (le défaut d'entretien opposable). La logique assurantielle est inverse de l'intuition : le sinistre déclaré à temps est un droit exercé ; le sinistre caché est une bombe à retardement contractuelle. Le malus habitation n'existe pas comme en auto — déclarez, toujours, dans les délais.

Ce qu'il faut retenir

Le sinistre bien géré tient en quatre disciplines : le tri des circuits (accidentel → MRH ; construction < 10 ans → DO/décennale — le premier geste qui fait gagner des mois), les 48 heures de réflexes (sécuriser, documenter, déclarer dans les formes et les délais), l'expertise préparée (le dossier, la présence, la contre-expertise en cas de désaccord — et le sapiteur bois sur les sinistres humidité), et la vitesse — l'alliée structurelle du bois qui sèche bien quand on agit vite. Le tout repose sur un préalable : le dossier maison tenu depuis la construction (le mode d'emploi) et une valeur déclarée juste (le rappel). Les compléments : la DO et malfaçons & recours.

Questions fréquentes

5 jours ouvrés pour la plupart (dégât des eaux, tempête, incendie), 2 pour le vol (après dépôt de plainte), 30 après l'arrêté pour les catastrophes naturelles — et 5 jours à la DO pour les désordres de construction. Par écrit avec accusé : le téléphone prépare, l'écrit déclare.

Sécuriser et limiter (couper, bâcher — mesures conservatoires remboursables : gardez les factures), documenter TOUT (photos datées, inventaire, témoignages) et ne rien réparer de définitif avant l'expert. En sinistre sériel (tempête de quartier) : déclarer vite — les files d'attente existent.

La dommages-ouvrage (circuit construction : déclaration sous 5 jours, expertise dédiée, préfinancement ~90 jours) — PAS la MRH, qui répondra « non garanti » à raison. Le tri des deux circuits est le premier geste du sinistré efficace : il vaut des mois.

Oui : la contre-expertise par votre expert d'assuré (500-1 500 €, souvent partiellement couverts par le contrat) rééquilibre — puis la tierce expertise arbitre si besoin. Et l'assureur PROPOSE ses artisans : il ne les impose pas.

Non, si la réaction est rapide : le bois mouillé ponctuellement et séché vite (déshumidification pilotée, contrôle hygrométrique) ne garde pas de séquelle — demandez un expert ou sapiteur qui connaît la construction bois : le réflexe « tout arracher » du maçonné sur-traite la paroi ossature.

Non — la logique est inverse de l'intuition : le malus auto n'existe pas en habitation, et le sinistre caché devient indéclarable (tardif) et aggravé (défaut d'entretien opposable) quand il ressurgit. Le dégât épongé en silence est une bombe contractuelle : déclarez, dans les délais.

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La bonne porte, les bonnes photos, les bons délais

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